Baromètre Autolib’ juillet 2017- Spécial rapport d’activité 2016

Pour cette nouvelle édition du Baromètre Autolib’, 6t livre une lecture critique du rapport d’activité d’Autolib’ Métropole[1].

Les abonnés

D’après le rapport d’activité, en 2016, 111 331 abonnements 1 an et 24 953 abonnements « prêt-à-rouler » ont été vendus, soit 139 000 abonnements grand public au total. On peut lire sur le site d’Autolib’ Métropole que « la tendance [du nombre d’abonnés] est à la hausse depuis février 2016, date de la création du nouvel abonnement prêt à rouler »[2]. Toutefois, dans notre baromètre de juin, nous nous interrogions sur la part des locations effectuée par les abonnés « prêt à rouler ».

Le rapport d’activité fournit la réponse : en 2016, 95,6 % des locations ont été réalisées par des abonnés « 1an » et seulement 2,9 % par des abonnés « prêt-à-rouler »[3]. Le fait que les locations « prêt à rouler » soit en moyenne 10 % plus longues que celles des abonnés « 1 an » (41 minutes contre 37) ne change pas le constat : les abonnés « 1 an » continuent de porter la quasi-totalité de l’usage du service et constituent donc l’indicateur privilégié de sa santé financière.

Or, le nombre d’abonnés « 1 an » a reculé de 3 % entre novembre 2016 et juin 2017.

Les locations

Le rapport d’activité indique que 5,76 millions de locations ont été effectuées en 2016, ce qui s’avère très proche de l’estimation que nous avions publiée dans notre article d’analyse économique début 2017 (5,81 millions de trajets)[4].

D’après le rapport d’activité, chaque voiture a été utilisée en moyenne 4,5 fois par jour durant le mois de décembre 2016. Cette valeur est supérieure à celle utilisée dans la série de données de notre baromètre (4,0 locations par voiture et par jour) et cela tient à une question de méthode. En utilisant les données du rapport d’activité, nous calculons que chacune des voitures disponibles du service a été utilisée en moyenne 4,38 fois par jour en décembre 2016[5]. Nous supposons que l’estimation de 4,5 locations par voiture et par jour est l’arrondi d’un calcul qui ne prend pas en compte les voitures indisponibles (endommagés, en maintenance ou en préparation : de 9 à 14 % en 2016 selon le mois). L’exclusion des véhicules indisponibles a du sens si l’on souhaite produire un indicateur d’usage. En revanche, si l’on s’intéresse avant tout à l’économie du service, il est plus pertinent de prendre en compte l’ensemble des voitures, car celles qui sont indisponibles continuent de représenter un coût pour le service.

L’impact environnemental d’Autolib’

Selon le rapport d’activité, Autolib’ aurait permis d’économiser 3,13 millions de litres de carburant. Cette estimation est erronée, car basée sur l’hypothèse selon laquelle l’intégralité des trajets réalisés en Autolib’ auraient été réalisés avec une voiture thermique (essence ou diesel) si Autolib’ n’avait pas existé[6]. Or, les trajets en Autolib’ ne remplacent pas que des trajets en voiture. Autolib’ entre notamment en concurrence avec les transports en commun. D’après notre enquête de 2013 auprès des usagers d’Autolib’, 24 % utilisent principalement Autolib’ parce qu’ils jugent le service plus pratique ou plus confortable que les transports en commun. En outre, la part des usagers utilisant quotidiennement les transports en commun passe de 61 à 50 % suite à leur adoption d’Autolib’[7].

Après le pic de 2016, comment enrayer la baisse d’activité ?

En 2016, Autolib’ a atteint un pic d’activité. Depuis fin 2016, l’activité semble en revanche décliner. Au-delà de la diminution du nombre d’abonnés « 1 an » constatée (voir plus haut), on constate pour le premier semestre 2017 une diminution de 14 % du nombre de locations par rapport au premier semestre 2016 (pour un nombre similaire de voitures en service).

Dans un contexte financièrement difficile pour Autolib’[8], l’enjeu pour 2017 semble donc, à défaut de poursuivre la croissance de l’activité, d’enrayer sa diminution. Autolib’ Métropole déploie ses efforts en ce sens. Pour répondre à la problématique de disponibilité des voitures que nous avions mise en évidence dans notre article d’analyse économique[9], le syndicat mixte communiquait en début d’année sur sa volonté d’assurer une régulation des véhicules en meilleure adéquation avec les zones de forte demande, ainsi que sur la mise en place de l’option « résaPOP », permettant à l’usager de demander la réservation automatique de la prochaine voiture ou place qui se libère sur les stations de son choix[10].

Autolib’ communiquait aussi sur les efforts déployés pour répondre à l’enjeu de la propreté des voitures, que nous avons mis en évidence dans nos précédentes enquêtes auprès des usagers d’Autolib’[11]. De « nouvelles actions de nettoyage » étaient annoncées, ainsi qu’un traitement plus sévère des usagers salissant les véhicules[12].

En outre, Autolib’ Métropole annonçait en avril la possibilité pour les usagers d’Autolib’ d’ouvrir les voitures avec leur Pass Navigo plutôt qu’avec la carte dédiée au service Autolib’[13].

Sur les mois de mai et juin, le taux d’usage des voitures (nombre de locations par jour et par voiture) semble amorcer une remontée (voir graphique ci-dessous). Il est toutefois nécessaire d’attendre jusqu’à la fin de l’année pour déterminer si les différentes mesures prises par Autolib’ parviennent à freiner la baisse de l’activité constatée sur le premier semestre 2017.

Pour citer cet article : 6t, 2017, Baromètre Autolib’ juillet 2017- Spécial rapport d’activité 2016, http://6t.fr/barometre-autolib-juillet-2017/


[1] Disponible à l’adresse https://drive.google.com/file/d/0B8MFxB5YvOOkUTBKM2ZMMy1yWVE/view (consulté le 21/07/2017)

[2] https://www.autolibmetropole.fr/le-service-autolib/les-chiffres-en-1-clic/ (consulté le 21/07/2017)

[3] Le reste des locations correspond à des abonnements de courte durée qui ne sont plus en vente depuis février 2016, ainsi qu’à des abonnements professionnels.

[4] http://6t.fr/autolib-nest-toujours-pas-rentable-et-ne-le-sera-peut-etre-jamais/ (consulté le 21/07/2017)

[5] A raison de 489 446 locations pour 3 608 voitures disponibles en moyenne sur les 31 jours du mois de décembre (489 446 / 3 608 / 31 = 4,38).

[6] Le rapport d’activité indique que 53,9 millions de km ont été effectués en Autolib’ en 2016 et que son estimation des litres de carburant économisés se base sur l’hypothèse d’un véhicule moyen consommant 5,8 L/100 km. A raison de 5,8L/100 km, 3,13 millions de litres représentent la quantité de carburant dépensée pour parcourir 59,3 millions de km (59,3 * 5,8 / 100 = 3,13).

[7] 6t-bureau de recherche, Enquête sur l’autopartage en trace directe. L’autopartage en trace directe : quelle alternative à la voiture particulière ?, 2014, URL : http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/enquete-autopartage-en-trace-directe-201405-1.pdf (consulté le 21/07/2017)

[8] https://www.autolibmetropole.fr/communique-de-presse-du-syndicat-autolib-metropole/ (consulté le 21/07/2017)

[9] http://6t.fr/autolib-nest-toujours-pas-rentable-et-ne-le-sera-peut-etre-jamais/ (consulté le 21/07/2017)

[10] https://www.autolib.eu/fr/foire-aux-questions/evolution-tarifs-2017/ (consulté le 21/07/2017)

[11] Voir http://6t.fr/wp-content/uploads/2014/12/ENAPanel_DossierPresse_141209-1.pdf (consulté le 21/07/2017)

[12] Ibid.

[13] https://www.autolibmetropole.fr/le-stif-et-autolib-acteurs-majeurs-de-la-mobilite-en-ile-de-france-sassocient-afin-de-completer-les-services-de-la-carte-navigo/ (consulté le 21/07/2017)

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