Enquête nationale sur l’autopartage en France – Édition 2016 –

Contexte de l’étude

Menée en 2012, la première édition de l’Enquête Nationale sur l’Autopartage constituait la première enquête d’envergure sur les usagers, usages et impacts de l’autopartage en France. Menée auprès de 2 090 usagers abonnés à 20 services d’autopartage différents, elle montrait l’effet « déclencheur de multimodalité » de l’autopartage en boucle : l’autopartage permettait aux habitants des villes de s’affranchir de la voiture individuelle, de découvrir et de s’approprier d’autres modes de déplacement.

Quatre ans après, l’autopartage joue-t-il encore le même rôle dans la mobilité urbaine ? Ses usagers sont- ils restés les mêmes ? Ses usages, ses impacts ont-ils évolué ?

Tout comme en 2012, l’édition 2016 porte principalement sur l’autopartage en boucle. Elle vise deux objectifs :

  • mettre à jour les résultats de la première édition : les usagers,usages et impacts de l’autopartage ont-ils évolué entre 2012 et 2016 ?
  • affiner la compréhension des usagers, usages et impacts de l’autopartage : notamment, qui sont les usagers de l’autopartage ? Une fois abonnés à l’autopartage, leurs pratiques de déplacements évoluent-elles de la même manière ? Quels sont les usages et les impacts de l’autopartage entre particuliers et de l’autopartage en contexte professionnel ?

Méthodologie de l’étude

Pour cette édition 2016, 4 enquêtes quantitatives par internet ont été menées :

  • une grande enquête auprès de 2 061 usagers de l’autopartage en boucle ;
  • une enquête de suivi auprès de 276 personnes qui avaient déjà répondu à l’enquête de 2012 ;
  • une enquête auprès de 158 gestionnaires de flottes de véhicules travaillant au sein d’entreprises, de collectivités ou d’associations ;
  • une enquête auprès de 83 usagers du service d’autopartage entre particuliers Koolicar.

Les enquêtes quantitatives ont été complétées par une enquête qualitative par entretiens auprès de 25 usagers et anciens usagers de l’autopartage, afin de comprendre finement comment l’usage de l’autopartage intervient dans les parcours de vie et par quels biais il encourage l’évolution des pratiques de déplacement.

Ces enquêtes ont été diffusées par les opérateurs d’autopartage Citiz, Communauto, Koolicar et Ubeeqo auprès de leurs usagers.

Principaux résultats

  • Une diversité de parcours, mais un profil socioéconomique encore très homogène

Les usagers de l’autopartage présentent une diversité de parcours. Les usagers de l’autopartage y viennent pour des raisons différentes et leurs comportements évoluent de différentes manières après leur passage à l’autopartage. C’est pourquoi deux typologies ont été créées et analysées : une typologie des parcours et des motivations et une typologie des changements de comportements.

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Si les trajectoires sont variées, le profil des usagers de l’autopartage reste très homogène et spécifique en 2016.

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  • L’autopartage est-il déclencheur de multimodalité à long terme ?

Les usagers de 2016 semblent avoir moins changé de comportements de mobilité suite à l’adoption de l’autopartage que ceux interrogés lors de l’enquête de 2012. Il serait tentant d’en déduire que l’autopartage ne joue plus autant, en 2016, le rôle de « déclencheur de mobilité alternative » qu’en 2012. Toutefois, les différences constatées entre les enquêtes de 2012 et 2016 peuvent être dues à de multiples facteurs : essor des modes basés sur la voiture partagée (VTC, covoiturage) au détriment des alternatives «classiques» à la voiture (transports collectifs, vélo), retour partiel à la voiture personnelle, oubli des pratiques antérieures à l’autopartage aboutissant à une sous-évaluation de l’évolution des comportements.

Toutefois, l' »effet démotorisation » lié à l’autopartage reste important. En effet, l’autopartage engendre en 2016 la même diminution de l’équipement automobile qu’en 2012. Entre 2012 et 2016, le nombre d’usagers par voiture d’autopartage a augmenté, tandis que le pourcentage d’usagers s’étant séparés de leur voiture est resté le même : il est donc logique que chaque voiture d’autopartage remplace davantage de voitures personnelles :

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Quels facteurs de succès pour un système d’autopartage ?

  • Implanter les stations là où les alternatives à la voiture sont nombreuses:

    Les usagers de l’autopartage en boucle sont des personnes qui n’ont pas besoin d’utiliser la voiture quotidiennement : seuls 5 % l’utilisent tous les jours.

  • Créer un réseau de stations dense:

    Sur leur dernière location d’autopartage, 63% des usagers déclarent qu’ils ont privilégié la proximité de la station par rapport au choix du modèle de voiture. C’est pourquoi il paraît pertinent de privilégier la proximité en développant un réseau de stations dense.

  • Proposer des véhicules diversifiés, à moteur thermique ou hybride:

    Les usagers apprécient de pouvoir ponctuellement utiliser un utilitaire, une familiale ou encore un véhicule accessible PMR.

  • Faciliter l’accès au service (inscription en ligne, accès au service via le pass transport de l’agglomération, flexibilité des formules tarifaires)
  • Promouvoir l’autopartage auprès des entreprises et collectivités

Pour aller plus loin

Cette recherche a abouti à la publication de trois rapports, tous téléchargeables gratuitement à l’adresse indiquée ci-dessous :

  • un état des lieux sur les connaissances relatives aux usagers, usages et impacts de l’autopartage, ainsi que sur les méthodes de mesure de ces impacts ;
  • un rapport d’analyse des enquêtes quantitatives et qualitative ;
  • un livret de recommandations à destination des collectivités qui souhaitent soutenir le développement de l’autopartage en boucle.

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Voir aussi sur le site de l’ADEME :  http://www.ademe.fr/Enquete-nationale-lautopartage-edition-2016

Source photo : Citiz, 2015; Communauto, 2016.

Une fiche projet est disponible

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